Nom de l’Objet:

Bas-relief représentant un taureau

Localisation:

Raqqada, Kairouan, Tunisie

Musée conservant l’objet:

Musée des arts islamiques

Date de l’objet:

seconde moitié du IIIe siècle de l’Hégire (seconde moitié du IXe siècle J.-C.)

N° d’inventaire Musée:

MR 009

Matériau(x) / Technique(s):

Marbre sculpté.

Dimensions:

H. 38 cm, l. 57 cm, ép. 11 cm

Période / Dynastie:

Aghlabide

Provenance:

Très probablement Raqqada.

Description:

Le bas-relief, auquel il manque la partie droite et la partie inférieure, représente un taureau sculpté sur marbre. Le visage est dans une position faciale alors que le reste du corps est vu de profil. Le cou donne l'impression d'être complètement tordu. Les traits du visage sont bien marqués, les nasaux sont indiqués par des plis se terminant par une cavité. Les yeux sont globulaires, l'iris est bien indiqué. Les sourcils, en saillie au-dessous de l'orbite, sont froncés. Le front, marqué par deux plis, se termine par une chevelure tressée. Il ne subsiste qu'une seule corne, adjacente à l'oreille, l'autre a été brisée. Le corps de l'animal est harmonieux, mais aucun signe de robustesse n'est apparent. Les pattes indiquent que le taureau est adossé à un arbre dont il ne reste que le tronc et quelques branchages. Derrière le corps surgissent deux bourgeons et trois feuilles de vigne ouvertes, assez naturalistes, chacune étant constituée de plusieurs lobes. La sculpture est placée dans un cadre formé d'arcs et de pirouettes. Le naturalisme du bas-relief a porté certains historiens de l'art à lui attribuer une origine byzantine et à conclure qu'il fut réemployé à l'époque aghlabide. Or, l'art musulman ne manque pas de représentations semblables et le thème de la frontalité y est très fréquent. Remarquons aussi que l'art aghlabide se caractérise, à ses débuts, par une survivance des influences byzantines et classiques.

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Comment date et origine ont été établies:

Cette pièce décorait un des murs des salles d'apparat du palais as-Sahn au site de Raqqada, qui fut fouillé entre 1961 et 1969. On sait que cette deuxième capitale des Aghlabides fut édifiée en 263/876. Cette chronologie constitue donc un terminus post quem de datation de ce bas-relief. La tranche chronologique s'étend sur deux siècles, jusqu'à la désertion de Raqqada lors des invasions hilaliennes, en 449/1057. En l'absence d'un rapport de fouilles qui permettrait de bien situer la couche archéologique où fut retrouvé le bas-relief, nous ne sommes pas en mesure d'être plus précis. Néanmoins, le classicisme du décor du bas-relief nous autorise à le dater de la deuxième moitié du IIIe siècle H (Deuxième moitié du IXe siècle J.-C.).

Mode d’acquisition par le musée:

Le bas-relief fut conservé, après sa découverte dans les fouilles de Raqqada dans les années 1960, dans la maison de fouilles du site, jusqu'en 1993. Il fut transféré au Musée des arts islamiques de Raqqada pour être exposé.

Mode d’établissement de la provenance:

Décor architectural trouvé in situ, très probablement sculpté à Raqqada avec un marbre d'origine italienne, sans doute de remploi.

Citation de cette page web:

Mourad Rammah "Bas-relief représentant un taureau" in Discover Islamic Art , Museum With No Frontiers, 2018. http://www.museumwnf.org/thematicgallery/thg_galleries/database_item.php?itemId=objects;ISL;tn;Mus01;34;fr&id=sculptures

Fiche rédigée par: Mourad RammahMourad Rammah

Né en 1953 à Kairouan, docteur en archéologie islamique, Mourad Rammah est le conservateur de la médina de Kairouan. Lauréat du prix Agha Khan d'architecture, il publie divers articles sur l'histoire de l'archéologie médiévale islamique en Tunisie et participe à différentes expositions sur l'architecture islamique. De 1982 à 1994, il est en charge du département de muséographie du Centre des arts et des civilisations islamiques. Mourad Rammah est également directeur du Centre des manuscrits de Kairouan.

Édition: Margot Cortez

N° de travail MWNF : TN 57